Accueil Date de création : 25/01/07 Dernière mise à jour : 21/05/07 09:28 / 467 articles publiés
 

Conte et Legende

Conte et Legende  (Conte et Legende) posté le mercredi 28 février 2007 15:25

Cette Nouvelle Rubrique seras consacré a des contes,histoire et legendes....

pour le plaisir de la lecture....et pour les amoureux des histoire mystique et magique....

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La Fée Serpent  (Conte et Legende) posté le mercredi 28 février 2007 15:32

Un jeune paysan de Prarustin, pauvre et sans famille, travaillait, comme ouvrier, pour un riche agriculteur de l'endroit. Ses journées étaient rudes, souvent excessives, mais jamais il ne se plaignait, et son organisation solide supportait vaillamment ces fatigues forcées.

Un matin, tandis qu'il étendait lestement le foin dans une vaste prairie, en regardant parfois d'un air soucieux la tâche que son patron lui avait confiée, une vision merveilleuse lui apparut. Là-bas, derrière un bosquet de châtaigniers, une belle fille, jeune menue et svelte, finement revêtue d'une tunique blanche, maniait avec dextérité une fourche étincelante, en couchant plus de foin en une minute que le paysan en cinq ou six.

 -  Une fée ! s'écria le paysan. Allons-y voir ! et il franchit en quatre sauts la grande prairie. Mais, ô désappointement ! il arriva juste à temps pour apercevoir une opulente chevelure d'or et des pieds mignons disparaissant comme par magie devant ses yeux. Il retourna à son poste avec humeur et reprit sa fourche d'un mouvement nerveux. Mais au bout d'un instant, quelle ne fut pas sa surprise en voyant la... fée à un autre bout du pré, travaillant avec ardeur.

            Cette fois, la prudence le retint : il eut le courage de ne pas l'approcher, de ne pas trop la regarder et de ne pas crier tout haut sa surprise, en apercevant distinctement son outil d'or chargé de pierreries.

            Le soir venu, il devait passer devant la fée pour s'en retourner chez lui. Grâce à elle, il avait fait double tâche, et s'en allait le cœur léger. La jeune femme, penchée en avant, enlevait avec soin les débris de foin emmêlés dans sa fine chevelure frisée. Elle ne vit pas, ou feignit de ne pas apercevoir le jeune homme lorsqu'il passa derrière elle. Lui, devant cette masse blonde agitée par le vent, il faiblit, et frôlant respectueusement de sa main calleuse un pan de sa tunique, il murmura :

-         Merci.

Elle revint. Elle revint tous les jours, et se familiarisa. Elle aimait à folâtrer par les champs, à chanter d'une voix perlée. En travaillant, elle s'amusait à tourmenter le jeune homme par des plaisanteries inoffensives et lui, la laissait faire, ravi par sa grâce et sa fraîcheur. Il ne l'effarouchait pas, ne s'approchait jamais d'elle, et la contemplait comme une chose précieuse et fragile.

Le soir vint où la fenaison fut terminée. La fée, s'approchant alors du jeune paysan, lui tendit sa main blanche en murmurant : Adieu ! Mais il la retint, malgré elle, et en un flot de paroles entrecoupées il lui dit la grandeur de son amour, ses rêves de bonheur, ses craintes. La fée pâlit. Dégageant sa main avec violence, elle se détourna et réfléchit longtemps, le regard perdu dans le lointain.

-         Je t'aime, dit-elle soudain, fixant le jeune homme dans le blanc des yeux. Je t'aime parce que tu es bon. Je t'aime parce que tu m'aimes, et que je veux connaître l'amour. Mais je n'ai pas confiance en toi. Je ne peux pas me donner à un homme, parce qu'il ferait mon malheur.

Le paysan protesta, supplia, pleura, se désespéra... jusqu'à ce que la jeune femme, fléchie, lui promit d'y penser encore et de lui donner ensuite une réponse. Au bout de trois jours de transes et de craintes, le paysan vit revenir sa fée, une nuit qu'il se promenait autour de son habitation.

-         Eh ben, murmura-t'il. C'est oui. Dis que c'est oui ?

-         Je ne sais pas. Cela dépendra de toi. Je t'aime trop pour te quitter. Mais tu dois me jurer ici, sur ton honneur, que si je t'épouse, tu ne m'appelleras jamais serpent !

Le jeune homme, d'abord anxieux, accueillit ses derniers mots avec un grand rire épanoui.

-         Allons, dit-il d'un ton bonasse, je crois que mon voisin a raison. Dans chaque fée il y a un grain de folie, et beaucoup d'enfantillages. Mais je n'ai pas peur.

-         Alors tu promets ?

-         Oui, je jure, sur mon honneur et sur mon amour.

Avant l'hiver, les deux jeunes gens étaient mariés. Leur lune de miel fut un bonheur sans mélange. La jeune femme, tendre et passionnée, entourait son mari des soins les plus délicats, lui épargnait tout souci, et travaillait bravement, elle aussi, en vrai campagnarde. Le paysan, toujours en admiration devant elle, s'isolait dans sa joie, et ne vivait plus que pour sa jolie fée aux yeux charmeurs. Une fillette vint réjouir leur amour, et plus tard un garçon. Ils tenaient tous deux de leur mère, et leur taille flexible et distinguée excitaient l'envie et l'étonnement des habitants du pays. Cependant une ombre vint se loger, petit à petit, dans le ménage heureux.

La fée n'avait jamais fait allusion au pays enchanteur d'où elle venait, ni à la vie qu'elle avait menée jusqu'alors. Son mari l'avait en vain interrogée sur ce point, il avait buté contre son mutisme complet. Mais les instincts raffinés de la jeune femme se réveillèrent lorsqu'il s'agit de l'éducation de ses enfants. Elle les vêtait avec de merveilleuses tuniques blanches confectionnées en cachette pendant les veilles de la nuit, elle leur faisait éviter jalousement tout contact avec les rudes petits montagnards aux jeux grossiers. Ils parlaient français avec elle et comprenaient à peine le dialecte du pays. Le père assistait en silence à cette éducation soignée, qui offrait un contraste frappant avec celle qu'il avait reçue lui-même de ses parents. Ceux-ci, vieux paysans conservateurs, s'indignaient tout haut des gâteries et des histoires que la dame blanche prodiguait à leurs petits enfants. Lorsque le paysan hasarda quelque observation timide à sa femme, celle-ci, d'ordinaire si aimable et douce, s'emporta et lui ordonna impérieusement de ne jamais revenir sur ce sujet, ni discuter une question qu'elle entendait traiter seule.

Le mari soupira, et s'en alla lentement, sans insister. Pour la première fois de son mariage, il se sentit seul. Sa femme, ses enfants appartenaient à un autre monde ; leur langage, leurs goûts, leur finesse et leur beauté mystique, tout contribuait à les éloigner de lui et à l'humilier. Lorsqu'il se trouvait seul, on l'eût souvent surpris se regardant en cachette dans un miroir, et s'ajustant de son mieux, pour rendre moins frappante la différence entre lui et les siens. Les deux époux s'aimaient toujours, mais un voile de tristesse gênait leurs manifestations affectueuses. Chacun se sentait incompris par l'autre et en souffrait visiblement. Leur gêne augmenta lorsque les enfants, grandis, montrèrent un naturel semblable en tous points à celui de leur mère. Ils posaient des questions embarrassantes à leurs parents, jugeaient leurs voisins et exprimaient franchement, avec l'innocence de leur âge, les observations que leur mère avait étouffées pendant toute sa vie de mariage.

Un jour, l'orage éclata : dans toute mentalité de paysan vaudois, une idée existe, ancrée avec force, celle de l'infériorité de la femme. Les voisins se moquèrent ouvertement du mari bonhomme qui se laissait dicter la loi par sa fée, et pliait là où il aurait dû être maître.

Personne n'aime à être berné, et le mari indulgent rentra chez lui la rage au cœur.

On était au temps de la moisson et la fée déployait toute son activité aux champs, tandis que ses enfants couraient au loin cueillant des fleurs ou poursuivant des papillons. Le paysan coupait son blé péniblement, le front soucieux.

-         J'en  ai assez ! cria-t'il tout d'un coup. Appelle-moi ces enfants, ils vont travailler aussi, ces feignants. Son air, ses paroles offensantes, son ton surtout blessèrent sur le vif la fée, qui pâlit en répondant froidement :

-         Tu as raison, ils ne tiennent rien de toi, ils n'ont rien de vulgaire.

La querelle s'envenima à tel point que le mari, perdant la tête et ne pensant plus qu'à blesser sa femme sur le vif, s'écria :

-         Tu n'es qu'un vilain serpent !

Sur le champ la fée disparut et son mari ne la revit plus jamais. Toutes ses recherches furent infructueuses et son foyer resta désert.

Les enfants seuls ne semblaient pas souffrir de leur abandon : toujours propres et bien peignés, on les eût dit soignés par la plus prévenante des mères ! Ils avaient quelque crainte de ce père morose qui ne pensait qu'à sa douleur, et chuchotaient volontiers dans les coins, en l'observant. Enfin, la paysan commença à s'étonner de leurs allures sournoises et les questionna adroitement à ce sujet. Après bien des tâtonnements, il sut que les enfants voyaient chaque matin leur mère, dans le creux d'un rocher voisin, et que c'était elle qui les pourvoyait de vêtements et les ornait de tant de grâce. Le père explora longtemps chacune des roches voisines, sans aucun résultat d'abord. Un matin, pourtant, il vit, juste en face de son habitation, un énorme serpent qui sommeillait au soleil. L'animal ne bougea pas à son approche ; il fit scintiller ses merveilleuses pierreries et fixa le paysan avec un gémissement étouffé qui donna à celui-ci de l'émotion. Le jeune homme s'éloigna lentement, le cœur bouleversé : ce serpent extraordinaire ( le paysan en était sûr ), c'était ... sa propre femme.

Marie Bonnet

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LÉGENDE DU DRAGON  (Conte et Legende) posté le jeudi 01 mars 2007 10:31

Un jour d'automne, un jeune garçon fit une chute dans une grotte profonde sur les pentes du Pilate et resta allongé entre deux dragons, mais ceux-ci ne lui firent aucun mal. Lorsqu'arriva le printemps, l'un des dragons quitta ses quartiers d'hiver et s'envola. L'autre fit comprendre au jeune garçon que le moment était venu de s'en aller lui aussi. Le dragon grimpa vers la sortie, laissa pendre sa queue, ce qui permit au garçon de se hisser vers le bord et de partir. 
On lit dans la chronique de Petermann Etterlin comment le bailli Winkelried fit trépasser l'un des dragons du Pilate: il enroula des ronces autour d'une lance et la planta dans la gorge du dragon. Pendant que celui-ci se débattait pour la recracher, Winkelried se saisit de son épée et termina le travail. Mais une goutte du sang empoisonné du dragon coula sur sa main. Cette goute ainsi que le souffle empoisonné du dragon gelèrent le sang de Winkelried qui y laissa la vie dans cette aventure.
Au cours de l'été 1421 un énorme dragon volait vers le Pilate lorsqu'il s'écrasa soudain si près du paysan Stempflin que ce dernier en perdit connaissance. Quand il reprit ses esprits, il trouva à ses côtés une flaque de sang séché et la pierre du dragon dont les effets bienfaisants furent officiellement confirmés en 1509.
Aux toutes premières heures du 26 mai 1499, on put assister à un curieux spectacle dans les rues de Lucerne: après un terrible orage, quelle ne fut pas la stupéfaction des passants de voir émerger un énorme dragon sans ailes des eaux tourbillonnnates de la Reuss, près du Spreuerbrücke. On pense que la créature avait été surprise par l'orage qui dévalait les pentes du Pilate et avait été entraînée malgré elle dans le torrent Krienbach qui se jette dans la Reuss près de l'église des Jésuites. Plusieurs bourgeois honorables et lettrés garantissent l'authenticité de l'événement.
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Mythes et légendes des dragons chinois  (Conte et Legende) posté le jeudi 01 mars 2007 10:35

Le dragon a été le symbole de l'Empereur de Chine pendant deux millénaires. Aujourd'hui encore, il est considéré comme un symbole national. Dans l'Antiquité, il faisait partie des quatre animaux magiques ou si ling, signes par lesquels le Ciel se manifestait aux hommes. Parmi les orients, il représente l'est. Il est aussi un des douze animaux cycliques du calendrier chinois. On retrouve des dragons dans la plupart des mythologies anciennes mais, alors que l'Occident chrétien a fait du dragon un animal maléfique, il est, en Chine, symbole d'énergie et signe de bon augure. Mythes, légendes, symboles, que de variétés de dragons le monde chinois n'a-t-il pas hébergé ! Michel Maucuer nous invite à observer un bien curieux bestiaire de jade, de bronze ou de céramique.


 


De l'origine des dragons


On discute beaucoup sur l'origine du dragon chinois ; les théories les plus diverses ont été avancées ; elles ont toutes en commun de s'appuyer sur des preuves extrêmement minces et de méconnaître à peu près totalement les modes de pensée des hommes de l'Antiquité. Elles tiennent fort peu compte des textes anciens et s'appuient sur des raisonnements hasardeux à partir des données de l'archéologie.


Depuis quelques années, les découvertes archéologiques ont montré en effet que le dragon jouait déjà un rôle majeur dans les cultures néolithiques de la Chine. Les plus anciennes représentations connues à ce jour datent du IVe millénaire avant notre ère. Elles ont été découverte en Chine du Nord, dans des sites de la culture dite de Hongshan, et en Chine centrale, dans un site appartenant à la culture de Yangshao.


Il apparaît donc que des cultes liés aux dragons existaient sur le territoire de la Chine actuelle dans des cultures distinctes avant le début de la période historique et que ces cultes, comme les animaux auxquels ils étaient rendus, étaient fort différents les uns des autres.


Nul ne conteste plus la dénomination de dragon donnée aux ornements de jade en forme d'animal, qu'on a d'abord appelé zhu long ou « dragon-cochon » - en anglais pig-dragon - à cause de son groin froncé. Les archéologues ont voulu y voir soit un porc, soit un sanglier, arguant de l'importance de ces animaux dans les cultes de fertilité des régions septentrionales. Ceci est peu compatible avec leur présence dans des tombes, d'hommes de surcroît. Le rapprochement entre les pendentifs de jade et un fragment de décor en terre crue d'un lieu cultuel à Niuheliang est très hasardeux. Plus récemment, la thèse de représentations de larves d'insectes a été avancée. Cette hypothèse a plus de consistance que la précédente : elle explique la représentation du « dragon lové » ou panlong et justifie sa présence dans les tombes par l'espoir de résurrection, comparé à la mue des larves en insectes volants ; elle associe le culte du dragon à ce qui sera une des caractéristiques essentielles de cet animal magique : son pouvoir de mutation. Cette croyance trouve un écho dans les écrits du philosophe taoïste Zhuangzi, qui vivait à la fin du IVe siècle avant notre ère : « [tantôt] dragon, [tantôt]  serpent » écrivait-il pour donner la recette d'une vie bien réglée, complétée par cette autre : « [tantôt]  il s'élève, [tantôt]  il décroît » : lové comme un serpent, le dragon séjourne sous la terre ou dans les eaux ; ailé, il s'élève dans les airs.


Un dragon tout à fait différent était révéré vers la même époque dans la culture de Yangshao, en Chine centrale. On a retrouvé dans une sépulture du Henan des représentations animales réalisées avec des coquillages de rivière datant du début du IVe millénaire avant notre ère. De part et d'autre d'un défunt, enterré la tête vers le sud, on peut voir distinctement un tigre, à sa gauche, et à sa droite, donc du côté de l'est, un dragon très semblable aux représentations classiques du dragon chinois : queue reptilienne, courtes pattes griffues, tête épaisse et probablement cornue qui sera plus tard décrite comme une tête de bœuf. Les tenants d'une origine nordique du dragon veulent y voir un alligator du Grand Fleuve, mais la disposition des représentations et leur précision ne plaident guère en faveur de cette interprétation.


D'autres représentations anciennes de dragons figuraient sur des décors de céramique dans la culture de Yangshao et dans celle de Longshan : elles sont toutes assez différentes les unes des autres et sont interprétées comme des dragons en raison de leur corps reptilien et couvert d'écailles, associés à des éléments qui les différencient des serpents : cornes, tête rappelant celle d'un mammifère ou présence de pattes de devant.


L'archéologie semble donc confirmer les résultats de l'étude des mythes et des croyances populaires : d'une part, que le dragon serait une création des habitants du nord de la Chine avant d'être adopté par ceux du sud ; d'autre part, qu'il existait déjà plusieurs sortes d'animaux fantastiques, avec des dénominations diverses, et non pas une seule et unique sorte de dragons.


Inscriptions et pictogrammes


C'est ce qu'indique aussi l'étude des premières inscriptions oraculaires chinoises de la seconde moitié du IIe millénaire avant notre ère. On y trouve deux types de pictogrammes, avec chacun des variantes, distinguant deux sortes de dragons : d'une part, un caractère désignant les dragons lovés, qui serait à l'origine du caractère qiu (jiu) ; d'autre part, un caractère représentant un dragon en « S », portant sur la tête un appendice qui pourrait correspondre à celui qui surmonte le caractère désignant le phénix, montrant par là leur primauté respective sur le règne des animaux écailleux pour l'un, à plume pour l'autre. Ce dernier caractère serait à l'origine du caractère long par lequel on désigne les dragons aujourd'hui.


Déterminer à quels animaux s'appliquaient ces deux pictogrammes reste une tâche délicate. Les textes plus tardifs, suivant l'interprétation du dictionnaire Shuowen de la dynastie des Han, définissent les dragons qiu comme sans cornes, les dragons long, avec cornes. Ils seront souvent associés dans une même expression, qiulong, pour désigner toutes les sortes de dragons. Cette classification ne rend pourtant pas compte de la grande diversité des dragons, des monstres à corps de reptiles qui abondent dans la décoration des vases sacrificiels de bronze de la période des Shang, et qu'il est impossible de rapporter à ces deux catégories : ainsi, les représentations de dragons lovés sur des bassins pan en bronze ou encore en jade, comme ceux retrouvés dans la tombe de la princesse Fu Hao à Anyang, sont des dragons à cornes.


Des diverses familles de dragons


L'étymologie prouve que les classifications zoologiques antiques avaient peu de rapport avec les nôtres aujourd'hui : dragons, serpents, insectes, voire certains mollusques étaient classés dans une même famille. Non seulement il y avait plusieurs familles de dragons, qu'on appelait par des noms différents - outre les dragons long et qiu, on trouve des dragons volants ying, des dragons des mers li ou encore des dragons wei à une tête et deux corps -, mais les dragons long se subdivisaient eux-mêmes en plusieurs espèces : dragons noirs, blancs, jaunes ou rouges notamment. Enfin, il existait aussi des monstres solitaires, liés à certains lieux géographiques, et qu'on peut leur associer, par exemple le Fei qui habite le mont Taishan, qui ressemble à un bœuf à tête blanche, n'a qu'un œil, et dont la queue est celle d'un serpent. C'est un animal maléfique : quand il marche dans une rivière, il l'assèche et quand il apparaît, il y a une grande peste. Cet exemple montre qu'il n'est pas nécessaire de recourir, comme on l'a fait, à une hypothétique association d'animaux totémiques des différentes tribus réunies en confédération pour expliquer le caractère composite de la morphologie du dragon de la Chine centrale, serpent pour la queue, tigre pour les griffes, bœuf pour la tête : les animaux fabuleux sont toujours imaginés à partir de différents animaux réels dont les parties sont associées de manière à frapper l'imagination.


Ce qui fait la spécificité des dragons, en revanche, c'est leur prodigieux pouvoir de métamorphose qu'ils partagent avec les autres animaux magiques ling, mais qui atteint chez eux un degré extrême. C'est cette particularité qui leur a permis de transcender toutes les croyances et les mythes locaux, et de régner sur tous les domaines : dans le monde souterrain, dans l'eau sous toutes ses formes et enfin dans les airs.


Dragons des montagnes...


Nous avons vu que dans la culture de Hongshan les dragons étaient associés au monde souterrain, peut-être au monde des morts. On trouve aussi les dragons liés à des lieux géographiques, tertres, collines ou montagnes. Un certain type de tertres est désigné en chinois par le mot long, parfois confondu avec le caractère qui signifie « dragon ». Les collines de la Tête du Dragon, près de Luoyang, étaient considérées comme la trace d'un dragon noir venu de la Montagne du Sud boire dans la rivière Wei. L'empereur Gaozu des Han, qui régna de 206 à 195 av. J.-C., choisit d'y faire construire un palais. Le quartier de Kowloon à Hongkong doit son nom, qui signifie « neuf dragons », aux neuf collines qui bordent l'ancienne colonie britannique.


... dragons des eaux...


Les dragons sont aussi liés à l'élément aquatique : mers, lacs et rivières, qu'ils habitent. Les dragons peuvent se muer en poissons, et inversement, une légende veut que les poissons qui franchissent la passe de Longmen - littéralement, la Passe du Dragon - sur le fleuve Jaune deviennent des dragons. L'expression deng Longmen, « franchir la Passe du Dragon », signifie encore aujourd'hui réussir sa carrière. L'historien Marcel Granet a bien montré l'association des dragons à l'eau et aux mythes de fertilité en Chine centrale. Selon lui, les cérémonies de printemps pour faire venir la pluie pouvaient prendre la forme d'un passage de rivière : la danse collective aurait imité les ondulations du corps du dragon. De très bonne heure, eurent aussi lieu des joutes de bateaux-dragons. La croyance veut que deux dragons qui se battent ou qui s'accouplent fassent tomber la pluie.


...et dragons des airs


Résident du monde souterrain ou des eaux, le dragon est aussi maître des airs. Les bannières peintes retrouvées dans les tombes de Mawangdui, près de Changsha, confirment le rôle du dragon comme monture pour l'âme du défunt lors de son voyage dans l'au-delà, reliant le Ciel. La légende veut qu'à la fin de sa vie, Huangdi, le mythique Empereur jaune, se soit élevé dans l'air sur un dragon et devenu immortel. « J'attelle le dragon qiu couleur de jade et monte le phénix, je commande au vent et m'élance dans le ciel », disait l'auteur du Li Sao, Quyuan, imaginant un voyage dans l'espace. Associé à la pluie, le dragon l'est alors aussi aux nuages, au tonnerre et au vent. De là, ainsi que des chants et de la musique qui accompagnaient les danses propitiatoires, vient sans doute son association à certains instruments : traditionnellement les cloches chinoises ont des anneaux de suspension en forme de dragons.


L'empereur et le dragon


Le dragon a sans doute été un animal totémique et la mythologie veut que des souverains mythiques soient descendants de dragons : ainsi l'Empereur jaune, Huangdi, ou son successeur Yao, de même que les souverains Shun ou encore Yu le Grand, fondateur de la dynastie des Xia. Au IIIe siècle avant notre ère, Liu Bang, fondateur de la dynastie des Han, se dit descendant d'un dragon et fait du dragon noir, le qing long, l'emblème de la dynastie. Dès lors s'instaure la coutume d'appeler l'empereur de Chine, « Dragon ».


C'est sa faculté de métamorphose qui a permis au dragon de rassembler en lui des mythes et des croyances divers, de régner dans toutes les dimensions de l'espace : en ce sens le dragon peut aujourd'hui aussi être le symbole de la Chine.

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Conte d'Halloween  (Conte et Legende) posté le jeudi 01 mars 2007 10:40

Gargoule

On dit qu'une fois par siècle, durant la nuit d'Halloween, Gargoule, le démon de pierre,
perché tout en haut du clocher de la cathédrale, s'envole et vient frapper à une porte
pour réclamer un enfant. Il l'emmène nul ne sait où, pour en faire nul ne sait quoi.

La plupart des adultes le tiennent pour une légende, d'autres affirment que c'est la
vérité. Comme personne ne sait au juste quand Gargoule a enlevé pour la dernière
fois un petit, les gens qui croient en lui s'attendent à le voir revenir chaque année.

C'est le cas des parents de Félix. Ils sont nés à l'ombre de cette cathédrale, ils y
habitent encore. Ils ont toujours vécu dans la peur absolue de Gargoule et ils élèvent
leur fils de la même manière qu'ils ont été élevés : étrangement. Par exemple,
quand Félix rechigne à avaler sa soupe, ils lui disent :
-" Félix, mange ta soupe ! Si tu ne manges pas toute ta soupe, Gargoule viendra te
prendre... "

Par la fenêtre de la cuisine où il est assis, Félix jette un coup d'œil anxieux à Gargoule
accroupi dans le ciel, sur un arc-boutant de l'église qu'il étreint de ses serres effilées.
Des ailes de chauve-souris repliées cachent à demi un corps monstrueux, moitié
homme, moitié bête. Il semble à Félix que l'image de pierre vient de lever son énorme
mufle en balançant sa tête chauve et cornue pour respirer on ne sait quelle odeur, et
même, voir s'allumer son œil. Alors il se dépêche de manger toute sa soupe.

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